Historique

Le réseau DIALOG a été mis sur pied au début des années 2000, à une époque où l’univers de la recherche relative aux Peuples autochtones était en pleine mutation. On assistait à un décloisonnement disciplinaire majeur au sein des universités; alors que pendant des décennies la recherche émanait surtout de l’anthropologie, elle était désormais présente autant en linguistique, en droit, en histoire, en démographie et en science politique qu’en géographie, sociologie, éducation, criminologie, environnement, administration, littérature ou communications.

Dans la foulée des retombées de la Commission royale sur les peuples autochtones qui s’est tenue à l’échelle du Canada au début des années 1990, ce domaine de recherche connaissait une effervescence particulière qui se traduisait par une hausse significative du nombre d’étudiants (à la fois autochtones et non-autochtones) et de chercheurs, et par une multiplication des intérêts de recherche. Mais plus encore, la demande des organisations et communautés autochtones d’une participation accrue aux recherches qui les concernent s’accentuait, à l’instar de leurs préoccupations pour la prise en compte par les chercheurs et l’académie de leurs propres besoins en matière de recherche et de leurs propres traditions intellectuelles. On se rendait compte également, à la même époque, que des centaines, voire des milliers de travaux produits par les chercheurs québécois depuis le début du 20e siècle n’étaient absolument pas connus et ne circulaient que très rarement à l’extérieur des milieux très spécialisés.

C’est ainsi qu’est né le projet novateur de se doter d’un forum collectif et public afin de bâtir des ponts entre des disciplines diverses au regard des questionnements relatifs aux Autochtones, d’installer des passerelles entre le monde universitaire et les autres lieux de production de connaissances au sein des sociétés et des communautés autochtones, de regrouper les connaissances déjà accumulées et de diffuser plus largement la production scientifique auprès des communautés et instances autochtones.

La formule du réseau s’est imposée d’elle-même dès le début en tant que structure privilégiée de la société du savoir car elle permet d’agir simultanément sur le plan scientifique et sur le plan social. La recherche peut en effet contribuer à transformer le monde dans lequel nous vivons lorsqu’elle s’ouvre sur la société et, dans le cas particulier des Peuples autochtones, contribuer à améliorer les relations entre les Autochtones et les autres citoyens du Québec, tout en constituant un vecteur de reconnaissance sociale à part entière pour des groupes historiquement exclus de la scène publique et du monde du savoir et fermement engagés sur le chemin de l’autonomie.

Pour en savoir plus :

Lévesque, C. 2009. La recherche québécoise relative aux peuples autochtones à l’heure de la société du savoir et de la mobilisation des connaissances.

aller vers le haut