Alliance KAPAKAN

Coproduction et mobilisation des connaissances autochtones et scientifiques sur la transmission, la réussite éducative et les formes d’apprentissage en contexte autochtone

L’Alliance Kapakan est née en 2018 de la rencontre et de la mise en commun des expertises, expériences et visées en matière de coproduction des connaissances de deux instances : DIALOG – Réseau de recherche et de connaissances relatives aux peuples autochtones et la Fondation Lucie et André Chagnon. L’Alliance se caractérise par son mode de fonctionnement collégial, interactif et réflexif. Elle s’est constituée autour d’un groupe de 20 acteurs/actrices, autochtones et non autochtones, provenant de divers horizons intellectuels, et formant une communauté apprenante. Ces acteurs/actrices sont partis prenantes de l’ensemble des activités et réalisations de l’Alliance, en assurent les différentes étapes et en construisent, au fur et à mesure des questionnements et des avancées, les contributions publiques destinées prioritairement aux communautés et instances autochtones du Québec.

Comment mieux comprendre les réalités, les enjeux et les défis qui se posent aujourd’hui en matière de réussite éducative et communautaire?

Cette question centrale est à la source des travaux de l’Alliance Kapakan qui a entrepris de concevoir, en mode interactif et collaboratif, de nouveaux outils de connaissances et de référence documentant les savoirs, approches et pratiques autochtones en matière de transmission et d’apprentissage tout au long de la vie et à tout âge. Ces travaux visent d’abord à revoir la notion même de réussite éducative encore trop souvent limitée à la seule réussite scolaire. En se penchant sur les systèmes de savoirs autochtones dans leur globalité et dans leurs applications communautaires, on voit apparaître des clés de compréhension et d’action qui modulent les parcours de vie à la fois individuelle et collective et nous informent sur les manières de construire, de faire vivre et de partager la connaissance considérée dans un sens large. Ces travaux visent ensuite à explorer les ponts pouvant être érigés entre des systèmes de savoirs qui reposent sur des valeurs et des principes parfois complémentaires mais souvent différents.

Orientation générale

L’apprentissage et la transmission des savoirs en contexte autochtone renvoient à un ensemble d’informations, de pratiques, de dispositifs, d’habiletés, d’opérations intellectuelles et d’actions revêtant un caractère collectif et se situant au carrefour de parcours individuels, familiaux, intergénérationnels et communautaires. Ces modes d’expression et de socialisation du savoir traduisent un rapport singulier à l’accomplissement et à la réussite des personnes considérées dans leur intégralité tout au long de leur existence.

Objectifs

  • Recueillir et consigner les propos, récits et enseignements énoncés par des acteurs/actrices de différentes appartenances et provenances à l’occasion de la tenue des ateliers ou lors de la réalisation de rencontres individuelles ou collectives
  • Créer des ponts de compréhension entre le milieu scolaire et le milieu communautaire autochtone en matière d’apprentissage et de transmission des savoirs
  • Circonscrire les enjeux et les défis qui se posent au regard de la réussite éducative à l’échelle individuelle et collective
  • Documenter les clés de l’apprentissage et de la réussite éducative en contexte autochtone afin d’en faciliter leur mise en application dans divers champs d’action communautaire ou organisationnelle
  • Comprendre la nature des relations interpersonnelles et des interactions sociales sollicitées par les opérations d’apprentissage et de transmission des connaissances
  • Contribuer à soutenir l’action en différents milieux afin qu’elle reflète les aspirations, savoirs, approches et pratiques autochtones à cet égard
  • Favoriser l’acquisition de nouvelles connaissances, compétences et aptitudes afin d’accroître et d’enrichir le potentiel d’innovation et de transformation sociale des acteurs/actrices dans leur milieu respectif

Consultez la brochure Kapakan

Téléchargez la version en français
Download English version
Télécharger la presentation du projet
Download the project presentation

Afin de se donner, ensemble, les moyens de mieux comprendre les réalités, les enjeux et les défis qui se posent en matière d’accomplissement personnel, de réussite éducative, d’apprentissage, de transmission et de formation tout au long de la vie, l’Alliance Kapakan organise des ateliers collaboratifs et interactifs d’une durée de deux jours en divers lieux et territoires, avec le concours étroit de diverses instances autochtones et selon des formules de rencontre et de partage de leur choix.

Ces activités sont conçues de manière à favoriser l’émergence d’une conversation créatrice entre les participants et participantes, en s’assurant d’une écoute et d’une prise de parole respectueuse, constructive et publique en accord avec les principes éthiques de la recherche AVEC, POUR et PAR les Autochtones.

Activités publiques

Transmission de la mémoire institutionnelle

20 & 21 novembre 2019, Kahnawake, Femmes Autochtones du Québec


KIKENTAMO8IN. Atelier de partage et de transmission des savoirs aᴧiciᴧape

Première Nation Abitibiwinni, 22 au 24 octobre 2021


Savoirs autochtones et gouvernance territoriale

Conseil des Innus de Pessamit, à venir en 2022

Une communauté apprenante et innovante

L’Alliance Kapakan se caractérise par son mode de fonctionnement collégial, interactif et réflexif. Elle s’est constituée autour d’un groupe de 15 personnes, autochtones et québécoises, provenant de divers horizons intellectuels et institutionnels, et composant une communauté apprenante. Ce groupe forme le Comité d’orientation stratégique et scientifique et ses travaux sont coordonnés par le Réseau DIALOG.

Davantage qu’une structure d’encadrement, ce Comité joue un rôle de premier plan dans la réflexion, la conception, la définition, la planification, l’organisation, l’animation et la validation des activités et réalisations de l’Alliance. Ses membres partagent de nombreuses expériences en matière d’apprentissage et de formation en contexte autochtone. Ils sont tous et toutes clairement engagés dans une démarche commune d’affirmation, de reconnaissance et de réconciliation à l’égard de la transmission des savoirs et de ses dimensions sociales, culturelles et éducatives.

Les membres du Comité d’orientation stratégique et scientifique de l’Alliance Kapakan

Suzy Basile
professeure, UQAT
Natasha Blanchet-Cohen, professeure, Université Concordia
Nancy Crépeau, professeure, Université d’Ottawa
Caroline Desbiens, professeure, Université Laval
Oscar Kistabish, sage anishnabe
Jacques Kurtness, professeur associé, UQAC
Carole Lévesque, professeure, INRS
Margot Mowatt, chargée de cours, UQAT
Julie Mowatt, enseignante, école Migwan
Hélène O’Bomsawin, directrice de collège retraitée, Alma
Nicole O’Bomsawin, professeure, Collège Kiuna
Denis Vollant, consultant, Innu-takuaikan Uashat mak
Mani-Utenam (ITUM)
Patricia Rossi, directrice liaison et soutien aux organismes,
Fondation Chagnon
Jocelyne Thomé-Kistabish, enseignante retraitée
Elisha Laprise, responsable des rapprochements avec
les partenaires autochtones, Fondation Chagnon

L’équipe DIALOG

Ioana Radu,
professeure, UQAT
Nathalie Tran, professionnelle de recherche
Emmanuelle Piedboeuf, assistante de recherche
Laurence Desmarais, étudiante et assistante de recherche

Collaborateur de l’Alliance Kapakan et homme de grand savoir, Lawrence (Larry) House nous a quitté le 3 juin 2020.  Il laisse en héritage une vie d’engagement au service de la communauté eeyou de Chisasibi.  Il nous aura beaucoup appris sur la générosité, la justice, la liberté et l’espoir.

Lawrence (Larry) M. House était chef de la danse du soleil, père de quatre enfants et grand-père de 26 petits-enfants. Né à Moose Factory, en Ontario, où il a vécu les sept premières années de sa vie, il a déménagé à Fort George en 1972. Larry a reçu la majeure partie de son éducation des aînés de Chisasibi sur le territoire et il a également travaillé comme travailleur communautaire en toxicomanie au centre de santé Anishnawbe Health Toronto (AHT). Il a été le coordinateur, puis le directeur, de Inshiyuu Miyuupimatisiuun ̶ l’Équipe du bien-être mental de Chisasibi ̶ et collaborateur de longue date du réseau DIALOG. Tout au long de sa vie, Larry a plaidé pour l’intégration des modèles de guérison iiyiyiu (cris) au sein des institutions desservant sa communauté. Dans le cadre de son travail, il s’est dédié à l’inclusion des connaissances et de la sagesse perçues comme sacrées par son peuple, et à leur application dans tous les domaines de la de vie quotidienne de la communauté. À l’instar de nombreuses communautés autochtones dans le monde, il a vécu les abus subis par son peuple lors des pires exactions assimilatrices de l’histoire coloniale du Canada. Sa résilience est un témoignage de la guérison inhérente à la vision du monde de son peuple.

aller vers le haut